Emploi et développement économique

Le Canal Seine Nord Europe, une opportunité pour l’emploi et le développement économique.

Équipement structurant toute une région, au sein d’un réseau fluvial européen à grand gabarit, le canal Seine-Nord Europe aura des effets économiques à court, moyen et long termes. Il créera de nombreux emplois et permettra le renforcement et l’émergence de filières économiques existantes et nouvelles.

  • à court terme : lors des travaux, de nombreux emplois seront créés sur le chantier ainsi que pour l’accueil des équipes qui devront se loger, se nourrir et qui consommeront localement. Les travaux seront également l’occasion de développer le tourisme de chantier. Les territoires, sous le pilotage du préfet de la Région Hauts-de-France, s’organisent déjà pour saisir ces opportunités.
  •  à moyen et long termes : le canal permettra la circulation de bateaux à grand gabarit, ce qui baissera le coût du transport et augmentera ainsi la compétitivité des entreprises. En raccordant le nord de l’Europe au bassin de la Seine, le canal Seine-Nord Europe créera un effet de réseau qui bénéficiera aux entreprises françaises raccordées au réseau fluvial à grand gabarit du Havre jusqu’à Dunkerque et à la frontière belge. Cet effet réseau sera également profitable aux ports maritimes du Havre, de Rouen et de Dunkerque dont l’hinterland, c’est-à-dire la zone d’influence dans les terres, sera considérablement élargi.

Une démarche « Grand Chantier » pour optimiser la création d’emplois dans les territoires

L’étude conduite lors de la mission de reconfiguration menée par le député Rémi Pauvros en décembre 2013 estimait que le chantier mobiliserait 3000 à 6000 emplois directs par an

Les prévisions d’emploi

La construction du canal générera des emplois directement liés au chantier, appelés emplois directs, et des emplois liés aux activités autour du chantier comme l’hébergement des équipes, appelés emplois indirects. L’étude conduite lors de la mission de reconfiguration menée par le député Rémi Pauvros en décembre 2013 estimait que le chantier mobiliserait 3000 à 6000 emplois directs par an. Les études conduites actuellement par VNF en lien avec les partenaires (Régions, Départements, fédérations professionnelles…) visent à affiner ces chiffres et à préciser la localisation de ces emplois et le planning précis des travaux.
A titre de comparaison, la ligne Grand Vitesse Tours-Bordeaux, qui devrait être mise en service en 2017, a induit 7000 emplois directs par an pour un chantier d’environ 7 milliards d’euros, soit un budget supérieur à celui du canal Seine-Nord Europe.  

Quels sont les métiers du chantier du canal et autour du chantier ?   
  • Quels métiers trouvera-t-on sur le chantier du canal ?

Le chantier du canal, c’est à la fois beaucoup de terrassement et la construction des écluses, des ponts et de l’ensemble des ouvrages.
 Le chantier fera donc appel à plusieurs types de métiers :

  • les métiers du terrassement : conducteurs d’engins (chargeuses pelleteuses, poids lourds de type dumper, bulldozer….)

Terrassement
Conducteur d’engins de travaux publics
(F1302 Conduite d'engins de terrassement et de carrière)

Missions : piloter et entretenir les engins
Le conducteur d’engins est l’un des principaux acteurs du chantier.
Il conduit les engins les plus divers (niveleuses, pelles hydrauliques,
chargeurs, grues, pelleteuses…) utilisés pour des travaux de terrassement ou de nivellement. Il les maîtrise et sait en tirer le meilleur parti en respectant les règles de sécurité. Il participe à l’entretien de son matériel.

Sur CSNE : La conduite spécifique d’engins en milieu fluvial
Qualités requises : précision et vigilance
Le conducteur d’engins est adroit, précis.
Il est doté d’un bon esprit d’observation et de méthode et fait preuve d’une grande maîtrise de soi.
Formation initiale
 CAP de conduite d’engins de Travaux Publics
 BP de conduite d’engins de TP
Demandeurs d’emploi
 Titre professionnel de :
•    Conducteur de pelle hydraulique et de chargeuse pelleteuse
•    Conducteur de bouteur – chargeuse à chenille
•    Conducteur de grue à tour
Evolution possible
Après avoir fait ses preuves dans son métier, le conducteur d’engins peut évoluer vers des postes d’encadrement
                                                                                                Source Fédération Nationale des Travaux Publics

  • Les métiers liés à la construction des écluses et des ouvrages d’art : ce sont les métiers du génie civil du bureau d’études (techniciens, ingénieurs) aux emplois de chantier (chef de chantier, conducteur de travaux, contrôle des travaux, coffreur bancheur….)
  • Quelles activités se développeront grâce au chantier ?

Le chantier permettra également aux territoires de bénéficier d’opportunités qui créeront d'autres emplois :

  • Des services seront directement nécessaires pour les équipes du chantier, créant de nombreux emplois indirects : restauration, hébergement, transport ;
  • Du tourisme lié au chantier pourra également se développer selon les territoires : guides touristiques, services de transport, restauration… Ce sera aussi l’opportunité de faire visiter d’autres richesses de la Région.

Enfin, le transport fluvial pourrait également se développer dès le chantier. VNF et ses partenaires mènent en effet une action pour que le chantier puisse être approvisionné directement par transport fluvial grâce au canal du Nord tout proche en certains endroits. L’approvisionnement du chantier pourra de même être partiellement assuré par le rail, ce qui renforcera l’activité de certaines gares.

  • Comment se préparent les territoires directement concernés pour pouvoir répondre au chantier et en faire une opportunité ? La démarche « Grand Chantier »

L’importance de la demande du chantier nécessite que l’ensemble des territoires traversés se prépare.  Cette préparation doit permettre de saisir non seulement les opportunités pour développer l’emploi local lors du chantier mais aussi de développer la création d’emplois pérennes autour du canal après le chantier. Les emplois pérennes seront notamment liés au développement et à la création de plates-formes multimodales, au développement du transport fluvial qui créera des besoins de main d’œuvre chez les chargeurs et les armateurs, au tourisme et au développement de filières comme l’économie circulaire.
C’est l’objet de la démarche « Grand Chantier », que Alain Vidalies, secrétaire d’Etat au Transport à la Mer et à la Pêche a décidé de mettre en place en juin 2015 (lien vers le communiqué de presse de juin 2015) et en a confié le pilotage au préfet coordonnateur du projet. Plus particulièrement, pour l’emploi, un « service public de l’emploi de proximité » a été mis en place dès 2015.
L’objectif de la démarche « Grand Chantier » est de développer l’offre possible des entreprises et du territoire pour répondre à la demande du chantier. Dans cette démarche, le porteur du projet (VNF actuellement) doit donc précisément identifier la demande liée au chantier afin que les acteurs du territoire puissent structurer une offre pertinente.

 Des thématiques pour répondre aux attentes

La démarche « Grand Chantier » a été organisée en thématiques : l’emploi, la formation, l’insertion des publics éligibles, le développement des entreprises et l’accueil du chantier (transport, hébergement). Chaque thématique prépare dans son domaine tous les aspects nécessaires pour préparer le chantier. Ainsi, pour l’emploi, toutes les actions pour préparer les offres d’emploi ainsi que les dispositions nécessaires au contrôle des chantiers afin de veiller à l’ensemble des règles de droit du travail sont en cours d’organisation. A terme, chaque thématique pourra faire l’objet d’un dispositif facilement identifiable par chacun : Canal emploi pour l’emploi, Canal Solidaire pour l'offre globale d'insertion, Canal formation pour former aux métiers du canal, Canal Entreprise pour les entreprises…

Pour en savoir plus : Les  thématiques de la démarche « Grand Chantier »

La démarche « Grand Chantier », coordonnée par l’Etat (préfet de la Région Hauts-de-France) se décline en plusieurs actions appelées « Thématiques ». Chaque action est  pilotée par un « chef de file ». 5 actions ont été mises en place fin 2015 :

  • « Canal emploi », portée par Pôle Emploi, vise à préparer l’emploi local en facilitant l’embauche locale sur le chantier,
  • « Canal formation », portée par la Région, vise à répondre aux besoins de formation des métiers du chantier,
  • « Canal solidaire », portée par les Départements, favorise l’emploi des personnes en insertion professionnelle (jeunes, allocataires du RSA..),
  • « Canal entreprises » vise à permettre aux entreprises locales de tirer pleinement profit du projet,
  • « Canal connexion » portée par la DREAL accompagne le développement territorial en lien avec le projet, c’est-à-dire l’organisation des moyens de transport, d’hébergement qui seront nécessaires pour les personnes employées sur le chantier.
Zoom sur « Canal solidaire »

Dans le cadre de leurs compétences, les Départements conduisent une politique d’insertion par l’emploi et de professionnalisation afin de lutter contre les exclusions. A ce titre, les Conseils départementaux ont été désignés comme chefs de file de la thématique insertion de la démarche grand chantier du projet canal Seine-Nord Europe. Cet engagement se traduit par la mise en œuvre d’une offre de service globale, déclinée tout au long du tracé et destinée à promouvoir l’accès et le maintien durable à l’emploi : le dispositif « Canal solidaire ».

Dans ce cadre, « Canal solidaire » propose une approche homogène et pragmatique des opportunités d’insertion professionnelle portées par le projet. La première réalisation concrète a été d’insérer une Clause d’Insertion par l’Activité Economique (CIAE) dans les marchés du projet. La CIAE offre ainsi la possibilité aux personnes inscrites dans un parcours d’insertion professionnelle de consolider et finaliser un projet professionnel, le tout en partenariat avec les entreprises attributaires de marchés. Tout au long de la démarche, « Canal solidaire » sera mis en œuvre localement en partenariat avec les acteurs de l’emploi et de la formation.

Témoignage de Pascale Bantegnies, Coordonnatrice du groupe interdépartemental "insertion", Directrice de la mission canal Seine-Nord Europe du Conseil départemental du Pas-de-Calais :

"Dès la mise en œuvre du service public de l’emploi de proximité  (SPE-P) dédié au projet, les Conseils départementaux, au titre de leurs compétences en solidarités humaines et territoriales, se sont rapidement mobilisés afin de mettre en place un groupe de travail interdépartemental. Celui-ci rassemble les techniciens spécialistes de l'insertion de six Départements : les quatre concernés par le tracé, à savoir le Nord, le Pas-de-Calais, la Somme et l'Oise, mais également l'Aisne et le Val d'Oise, dont les bassins d'emploi sont situés à proximité du chantier.

A la demande de l'Etat, la désignation d'un coordonnateur interdépartemental a été souhaitée et j'ai le plaisir d'assurer ce rôle aux côtés de mes collègues. Le groupe se réunit très régulièrement depuis juillet 2015 avec pour objectif d’élaborer les outils nécessaires au déploiement de solutions pratiques d’insertion. C'est un véritable travail collégial, constructif et enrichissant qui est ainsi conduit.

Le partenariat avec VNF, dans le cadre de l'élaboration des marchés, a rapidement été effectif. Il va se poursuivre tout au long de la réalisation du chantier, car il s’agit avant tout de mettre en œuvre les solutions les plus adaptées afin d’assurer des retombées positives pour nos territoires et leurs habitants".

Des comités territoriaux pour construire ensemble avec les acteurs du territoire
Cette démarche est pilotée au niveau régional opérationnellement, par le SGAR (Secrétaire Général aux Affaires Régionales) du préfet de Région. A ce niveau, un « chef de file régional » assure le pilotage de chaque thématique. C’est par exemple Pole Emploi pour la thématique Emploi. Au niveau local,  3 comités territoriaux  ont été mis en place en novembre 2015 : Compiégnois/Noyonnais, Santerre/Haute-Somme, Artois/Cambrésis. Ces comités pilotés par le sous-préfet concerné se réunissent tous les 3 à 4 mois.

Ces comités rassemblent les collectivités territoriales, les chambres professionnelles, et les acteurs territoriaux tels que le comité départemental du tourisme ou les agences de développement et de réservations touristiques. Chaque comité a aussi constitué des groupes de travail spécifiques  qui préparent les dispositifs et actions pour le chantier. Au total, ce sont plus de 300 personnes qui sont ainsi impliquées dans l’ensemble des groupes de travail, faisant de la préparation du chantier un travail partenarial essentiel.
Tout ce travail va permettre de faire des propositions qui seront intégrés aux « contrats territoriaux de développement » prévus par l’ordonnance du 21 avril 2016 relative à la Société du Canal Seine-Nord Europe.

Pour en savoir plus : Les groupes de travail des comités territoriaux

Dans chaque comité territorial, des groupes de travail réunissant les acteurs locaux et les collectivités territoriales ont été constitués. Début 2016, pour les 3 comités territoriaux, c’est un total de 15 groupes de travail qui sont mis en place. Ces groupes commencent à organiser le territoire pour accueillir le chantier mais aussi le canal une fois mis en service. Les thèmes traités par les groupes de travail sont divers : Emploi, Formation, Insertion, Agriculture, Tourisme…
Par exemple, sur le comité territorial Compiégnois/Noyonnais, un groupe de travail est dédié au tourisme. Ce groupe de travail animé par le Comité Départemental du Tourisme de l’Oise (ADRT), travaille sur les possibilités d’activités touristiques lié à des visites de chantier, les activités possibles en aménagement les bords du canal (vélo, randonnée), ainsi que sur la façon d’accueillir des croisières. Les groupes de travail visent ainsi à des actions très concrètes.

La démarche « Grand Chantier » prépare également les entreprises à profiter des opportunités suite à l’ouverture du Canal Seine Nord Europe

Le Canal Seine Nord Europe une fois construit permettra de développer des activités économiques en bord à canal, profitant ainsi de la compétitivité du transport fluvial à grand gabarit. Des plateformes multimodales qui permettront de développer des activités économiques reliées à la voie d’eau, à la route et au ferroviaire seront créées. Elles complèteront le réseau existant de plateformes multimodales dans les Hauts-de-France, l’Oise et l’Ile-de-France. Dans ce cadre, la démarche « Grand Chantier » visera également à préparer les entreprises à utiliser le transport fluvial. Le chantier sera ainsi l’occasion de recourir à ce mode de transport pour approvisionner le chantier.