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Projet

Un projet de développement durable : un canal vivant

Un projet de développement durable : un canal vivant

Le Canal Seine-Nord Europe a été conçu dans le respect des trois principaux axes du développement durable.

  • Aspect environnemental : Le projet est réalisé selon une démarche d’écoconception, pour limiter les impacts sur l’environnement et optimiser la performance environnementale du projet. Cette démarche se mesure à partir d’indicateurs précis (emprises sur les zones boisées, nombre d’espèces protégées, impact climatique…). L'ensemble des impacts seront réduits autant que possible et feront l'objet de compensations travaillées avec les territoires (voir les premiers travaux d’aménagements environnementaux à Bienville).
  • Aspects social et sociétal : développement de l’économie locale dont créations d'emplois locaux et mise en place de mesures d’insertion, respect et amélioration du cadre de vie (aménagements annexes et paysagers) : c'est la démarche Grand chantier.
  • Aspect économique : retombées économiques positives directes et indirectes, maîtrise du coût du projet.

Principales caractéristiques environnementales du projet :

• Préservation de la ressource en eau :
L’alimentation du canal provient de l’Oise et exclut tout prélèvement dans les nappes phréatiques. L’étanchéité du canal permet de limiter les besoins en eau. L’exploitation des écluses se fait en cycle fermé : l’eau nécessaire à l’utilisation des écluses est remontée par pompage entre les biefs. La préservation en périodes de basses-eaux (étiage) est assurée grâce à la mise en place de réserves en eau dans une retenue située à Allaines (Somme). Le projet est conçu de façon à ne pas avoir d'impact sur le niveau des crues. Sa conception – notamment la localisation de l’écluse de Montmacq et la réalisation d’un déversoir – permet même localement une baisse du niveau de l’Oise en crue sans incidence sur l’Oise aval (pour en savoir plus, retrouvez l'actualité sur l'eau).
• Création d’un canal vivant :
Le projet comprend des aménagements écologiques spécifiques : 25 km de berges lagunées et 17 hectares d’annexes hydrauliques. Ils permettent le développement de différentes espèces animales et végétales et jouent le rôle de « poumon vert » du canal.

• Intégration paysagère : la conception des ouvrages respecte l’harmonie avec l’architecture des ouvrages existants.  Les caractéristiques architecturales et paysagères qui régiront la réalisation du canal tiennent compte des spécificités locales. Elles feront l’objet d’une concertation avec les populations.
• Limitation de l’empreinte énergétique du projet :
Les ouvrages ont été conçus pour que leur consommation d’énergie soit la plus faible possible. La conception du canal permet  des installations de production d’énergies renouvelables.

Le canal et l'environnement, quelques infos utiles

700 hectares d’aménagements écologiques compensatoires

Afin de répondre à ses objectifs d’éco-performance et à ses ambitions environnementales, la Société du Canal Seine-Nord Europe s’est engagée à compenser l’ensemble des impacts environnementaux entraînés par le chantier de réalisation du canal.

Sur l’ensemble du projet, ce sont environ 700 ha de compensations écologiques qui sont prévus : restauration et création de zones humides (ouvertes ou boisées), de milieux ouverts secs et de boisement.

L’emprise définitive du projet dans le secteur 1, qui s’étend de Compiègne à Passel, dans l’Oise, et où les premiers travaux commenceront en 2020, représente une surface de 319 hectares, dont environ 170 ha sur des habitats naturels. Les aménagements écologiques qui seront menés en compensation représentent une surface de 376 hectares, 185 hectares dans la zone déclarée d’utilité publique, 191 hors de cette zone. 337 fois la surface de la Grand place (place Charles de Gaulle) de Lille….

153 espèces d'oiseaux 

Les oiseaux représentent un enjeu fort le long du tracé du canal, avec 153 espèces présentes dans le secteur 1, dont 31 nicheurs et 12 espèces hivernantes ou migratrices. Parmi les espèces à enjeu local fort ou très fort présentes entre Compiègne et Passel : le Blongios nain, le Butor étoilé, le Gobemouche noir, le Guêpier d’Europe, le Moineau Friquet, le Râle des Genêts, la Sarcelle d’hiver, la Sarcelle d’été, le Sterne Pierregarin, le Tarier des Prés, la Cigogne noire, le Courlis Cendré, la Guifette noire, la Rémiz penduline. Des mesures sont prévues pour réduire les effets du chantier sur les oiseaux : la période des travaux de défrichement et de déboisement sera adaptée pour éviter les périodes de nidification.

Les arbres favorables au gîte des chauves-souris, ou des individus occupant les arbres à cavités seront marqués et préservés. Un verger sera installé sur l’écluse de Montmacq pour faciliter les déplacements des chauves-souris dans leur corridor naturel. Les habitats des oiseaux seront restaurés.

La compensation représente plus de 350 ha pour 170 ha environ concernés par les emprises du projet. Une méthode d’évaluation des fonctionnalités des milieux naturels a été élaborée par le bureau d’étude BIOTOPE.

Création de 25 km de berges lagunées

La Société du Canal Seine-Nord Europe s'est engagée à réaliser 25 km de berges lagunées sur l’ensemble du tracé du canal. Les berges lagunées permettent de recréer des zones très riches en biodiversité, favorables au développement de la faune piscicole et à l’accueil d’espèces aquatiques. Dans le secteur 1 (Compiègne-Passel), 11,5 km de berges lagunées vont être créés. Le fond de la lagune et le talus seront tapissés de terre végétale.

La pente de la berge extérieure sera une pente douce de 3/1 (c’est-à-dire de 3 mètres à l’horizontale pour 1 mètre à la verticale) pour favoriser le développement d’une végétation de zone humide. Les berges lagunées seront en connexion directe avec le canal, et protégées des vagues liées au passage de bateaux, qu’on appelle « le batillage ».

Les zones humides

La moyenne vallée de l’Oise (entre La Fère et Thourotte) constitue un espace naturel d’une grande valeur écologique. Les prairies humides et inondables permettent de réguler le fonctionnement hydraulique de la rivière et offre un refuge à de nombreuses espèces végétales et animales. Cette vallée est considérée dans le cadre de l'Observatoire National des Zones Humides (ONZH) comme d'importance nationale.

Pour cette raison, la Société du Canal Seine-Nord Europe est attachée à sa préservation et sa restauration : pour un hectare de zone humide impactée par le chantier, la Société du Canal Seine-Nord Europe en recréera plus d’un hectare et demie, avec notamment la réalisation de frayères à brochets, de prairies inondables, de boisements alluviaux, plantation d’une nouvelle ripisylve sur 7 hectares (NDLR : la ripisylve est l’ensemble des bois, buissons et herbes des rives d'un cours d'eau).

Un canal doux pour la faune

Les berges du canal sont douces (pentes de 3 m à l'horizontal pour 1 m à la verticale), ce qui permet à la faune d’entrer et sortir du canal de manière naturelle et facile, ce qui constitue une avancée en la matière. En complément, au niveau des passages naturels des grands faunes (cerfs, sangliers, chevreuils), il est prévu de créer des plages de sortie d’eau en adoucissant encore les berges à une pente de 5 pour 1, sous la forme de plages végétalisées de 200 à 250 m de longueur et de 25 m de largeur, l’une à Cambronne et l’autre à Chiry-Ourscamp pour le secteur 1 (Compiègne-Passel). Des bandes rugueuses, constituées d’un mélange de pierres et de sédiments, faciliteront le passage de la faune. Les talus seront aménagés et plantés afin de guider les animaux vers les plages.

 

La gouvernance partenariale du projet

La Société du Canal Seine-Nord Europe, en tant que maître d’ouvrage, est responsable de la réalisation du projet. Elle associe étroitement l'Etat et les collectivités territoriales des Hauts-de-France. Le préfet de région Hauts-de-France et le président du conseil régional des Hauts-de-France sont les garants du partenariat étroit entre les acteurs du projet, à travers la Démarche Grand chantier.

Dans le cadre du réseau Seine-Escaut, la France travaille en collaboration avec ses partenaires belges des régions de Flandre et de Wallonie.