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Gestion des déblais du chantier : une optimisation réfléchie

La Société du Canal Seine-Nord-Europe (SCSNE) a l’ambition de faire un projet emblématique de la transition écologique et énergétique et à l’écoute des enjeux territoriaux. La gestion des déblais et des flux de matériaux est un défi environnemental et sociétal majeur, et la construction du Canal Seine-Nord Europe va générer des volumes de terrassements très importants, de l’ordre de plusieurs dizaines de millions de mètres cubes, et nécessiter des approvisionnements de matériaux extérieurs (chaux, liants, granulats, aciers) et de quelques millions de tonnes.

Le Conseil de surveillance de la SCSNE a approuvé le 1er octobre 2020 un schéma d’approvisionnement des matériaux et de gestion des déblais qui définit la stratégie pour en maîtriser les impacts économiques, sociétaux et environnementaux depuis la phase des études de conception jusqu’à la réalisation des travaux.

Les principaux objectifs

Ses principaux objectifs s’articulent autour des principes d’éco-performance, de partenariats et d’innovation qui conduisent la réalisation du projet :

  • Optimiser les mouvements des terres et organiser une gestion des déblais rationnelle, économe et respectueuse de l’environnement et des territoires en recherchant et en sécurisant toutes les voies de réemploi, d’aménagement, de dépôt et de valorisation,
  • Développer et accompagner les synergies avec les territoires et les acteurs du projet afin de préparer le chantier en amont des travaux et valoriser les opportunités offertes,
  • Inciter à l’usage de la voie d’eau et du rail pour massifier les flux et réduire l’impact des transports liés au chantier,
  • Organiser le suivi opérationnel des travaux pour mesurer l’atteinte des objectifs, évaluer et adapter si besoin la stratégie en cours de réalisation du projet.

Les 5 mesures clés

Mesure 1.Optimiser la conception du projet et favoriser le réemploi afin de réduire les volumes de déblais excédentaires et limiter l’impact sur les terres agricoles.

Le réemploi des terres naturelles extraites sur le chantier du Canal Seine-Nord Europe permet de réduire les mises en décharge, les extractions de matières premières et les transports. La SCSNE a lancé une étude afin de substituer les produits de carrière ou manufacturés utilisés pour réaliser la couche d’étanchéités et de protection du fond du canal par des limons et des craies traités avec certains additifs (bentonite, kaolinite, liants hydrauliques…).

En pratique... A Cizancourt dans la Somme, une expérimentation a permis de tester ce procédé grandeur nature dans un bassin d’essai de 400 m2. Pendant 12 mois, fibres optiques, sondes et fils électriques ont mesuré la résistance, la perméabilité et le comportement des digues périphériques. Des essais mécaniques (tenue à l’érosion) ont également été réalisés. Les premiers résultats sont très positifs:

  • La couche d’étanchéité composée de limons extraits sur place répond aux objectifs de perméabilité attendus
  • Les limons ou craies additionnés de liant offrent une résistance mécanique suffisante pour une utilisation en couche de protection.

Mesure 2.Favoriser la valorisation des terres excédentaires

  • En implantant les zones de dépôts de matériaux à l’agriculture en concertation avec la profession agricole et en privilégiant leur remise en culture selon un protocole strict défini avec les Chambres d’agriculture pour restituer des terres de bonne qualité agronomique,
  • En développant des synergies avec les porteurs de projets connexes (ports intérieurs, travaux connexes à l’aménagement foncier, comblement de canal désaffecté, requalification de délaissés, de friches ou de décharges…),
  • En étudiant la formulation d’éco-matériaux à destination des filières de valorisation sous forme de matière ;

En pratique... La Société du Canal Seine-Nord Europe et l’Entente Oise-Aisne ont signé une convention de mise à disposition de 400 000 m3 de matériaux excavés sur le Secteur 1 du Canal (18,6 km de Compiègne à Passel dans l’Oise) pour les besoins de l’Entente Oise-Aisne, pour son projet d’augmentation des capacités de stockage des crues à proximité de Longueil-Sainte-Marie. Les matériaux seront acheminés préférentiellement par la voie d’eau. Retrouvez l'actu : La SCSNE et l’Entente Oise-Aisne s’engagent pour l’environnement dans le cadre du développement de projets de territoires - Canal Seine Nord Europe (canal-seine-nord-europe.fr)

Mesure 3.Limiter les distances de transport des déblais et matériaux de construction en privilégiant la proximité des ressources et des usages

En pratique... Chacune des écluses du Canal Seine-Nord Europe a été pensée par les équipes de la Société du Canal Seine-Nord Europe pour respecter des critères environnementaux ambitieux : pour limiter l’utilisation de matériaux nouveaux, les murs des écluses, appelés bajoyers, seront composés de béton et de matériaux locaux comme les limons traités. Cette solution innovante fait l’objet d’un programme d’essais grandeur nature à proximité de Marquion : un mur d’écluse y a été construit !

Mesure 4.Favoriser la massification des transports en partenariat avec les acteurs de la logistique du ferroviaire et du fluvial, les fournisseurs et les entreprises 

  • En préparant les infrastructures logistiques (une dizaine de quais, plateformes de déchargement, zones de stockage),
  • En aidant les entreprises de travaux à anticiper les besoins de transport et en les incitant par l’insertion de clauses contractuelles dans les marchés ;

En pratique... La SCSNE et VNF se sont associées pour permettre à tous les futurs acteurs de mieux comprendre les métiers de la voie d’eau et leur mode d’utilisation. Ils mettent ainsi à disposition une note de synthèse qui a pour objectif de permettre à tous une meilleure connaissance du transport par la voie d’eau. Vous y trouverez quelques retours d’expérience, des hypothèses de transport, les capacités d’emport et l’organisation du secteur fluvial, et la construction des chaines de construction. 

Mesure 5. Innover et rendre compte par un Observatoire

  • En s’inscrivant dans la Rev3, la révolution en matière de transition énergétique et de technologies numériques, afin de réutiliser les matériaux dans des filières innovantes,
  • Rendre compte en créant un Observatoire de la gestion des déblais et des flux de matériaux, basé sur les données issues du « chantier connecté ».

Le marché concernant les premiers grands travaux du secteur 1 attribué

La Société du Canal Seine-Nord Europe a notifié le marché concernant les premiers travaux principaux du secteur 1 situé entre Compiègne et Passel. Celui-ci a été attribué au groupement NORD CONFLUENCES, composé de 9 entreprises de taille intermédiaire ou PME dont 2 sont situées dans les Hauts-de-France. Ce marché s’exécutera sur une durée prévisionnelle de 26 mois pour un montant total de près de 60 millions d’euros HT.

Les travaux prévus dans le marché

Le marché comporte trois types de travaux :

  • Une nouvelle route à Pimprez avec un franchissement du Canal créant une liaison entre la RD 40 et la RD 932, bouclant ainsi le contournement de Ribécourt
  • Trois nouveaux ponts sur la RD 66 entre Montmacq et Cambronne-lès-Ribécourt enjambant successivement l’Oise rescindée, le Canal Seine-Nord Europe et le canal latéral à l’Oise. Les deux ponts existants sur le canal latéral à l’Oise et l’Oise naturelle seront déconstruits.
  • Le déplacement de la rivière Oise : pour libérer la place nécessaire au Canal Seine-Nord Europe entre Thourotte et Montmacq, le cours de l’Oise doit être déplacé vers l’est. Les travaux de création du nouveau lit de la rivière dureront 24 mois.
    • un tronçon de 650 m en aval, au sud-ouest de Montmacq
    • un tronçon de 2,9 km entre le pont de la voie communale Thourotte – Montmacq et celui de la RD 66 au nord de Montmacq
  • Deux ouvrages hydrauliques :
    • un déversoir entre le nouveau lit de l’Oise et le futur Canal pour contribuer à la lutte contre les inondations
    • un siphon enterré pour faire passer le ru du Moulinet

Ces travaux commenceront dès septembre 2022.

En parallèle de ces travaux, les aménagements environnementaux reprendront à partir de mi-septembre sur plusieurs sites dans la vallée de l’Oise et de la Verse (Chiry-Ourscamp, Pimprez, Morlincourt, Appilly, Beaurains-lès-Noyon) avec notamment la création de zones humides. Ces aménagements, qui s’étendent sur 165 hectares, ont été engagés l’hiver dernier et entrent dans le cadre du programme de près de 400 hectares de mesures compensatoires environnementales prévues conformément à l’autorisation environnementale du secteur 1 délivrée le 8 avril 2021 par l’Etat.

Retrouvez les entreprises du groupement Nord Confluences dans le communiqué de presse dédié

Un dispositif au plus près des riverains

Pour accompagner ces travaux, la Société du Canal Seine-Nord Europe rencontre les riverains et usagers du territoire régulièrement, et a mis en place un dispositif d’information et d’écoute.

Ainsi, les équipes de la SCSNE organisent une série de 4 réunions dédiées aux habitants des communes concernées par ces travaux :

  • Pimprez le jeudi 23 juin à partir de 18h30
  • Montmacq le mardi 28 juin à partir de 18h30
  • Ribécourt-Dreslincourt le jeudi 30 juin à partir de 18h
  • Cambronne-lès-Ribécourt le jeudi 7 juillet à partir de 18h30

Une lettre d’informations dédiée aux habitants du Compiégnois et du Noyonnais est également diffusée régulièrement dans les boîtes aux lettres des riverains, afin de les tenir informés des avancées du chantier près de chez eux. Un numéro dédié à ces travaux sera distribué début juillet.

Retrouvez toutes les infos sur le Canal dans le Compiégnois-Noyonnais sur la page dédiée : Le Canal dans le Compiégnois-Noyonnais - Canal Seine Nord Europe (canal-seine-nord-europe.fr)

La SCSNE et l’Entente Oise-Aisne s’engagent pour l’environnement dans le cadre du développement de projets de territoires

Le creusement du Canal Seine-Nord Europe, long de 107 kilomètres, générera des volumes importants de terres excédentaires que la Société du Canal Seine-Nord Europe (SCSNE) souhaite valoriser. Cette stratégie a été fixée en octobre 2020 par le conseil de surveillance, présidé par Xavier Bertrand, au travers du Schéma d'approvisionnement de matériaux et de gestion des déblais de la SCSNE. Dans ce cadre, elle recherche des partenariats avec les acteurs des Hauts-de-France, pour favoriser la réutilisation de ces matériaux excavées, notamment pour des projets d’aménagement du territoire.

L’Entente Oise-Aisne, syndicat mixte en charge de la réduction du risque d’inondation sur l'ensemble du bassin versant de l'Oise, de l'Aisne et de leurs affluents, est en train d’élaborer un projet d’augmentation des capacités de stockage des crues à proximité de Longueil-Sainte-Marie, qui nécessiterait 800 000 m3 de matériaux aux fins de construction de remblais.

La Société du Canal Seine-Nord Europe et l’Entente Oise-Aisne ont signé, ce mardi 14 juin 2022 à Laon, une convention de mise à disposition de 400 000 m3 de matériaux excavés sur le Secteur 1 du Canal (18,6 km de Compiègne à Passel dans l’Oise) pour les besoins de l’Entente Oise-Aisne. Les matériaux seront acheminés préférentiellement par la voie d’eau.

La signature de cette convention est la concrétisation opérationnelle de la volonté de deux maîtres d’ouvrages publics d’aménager le territoire dans une démarche d’économie circulaire et de respect de l’environnement.

Des valorisations de volumes de terres, à l’image de celle-ci, sont recherchées par la SCSNE avec d’autres collectivités porteuses de projets d’aménagement sur l’ensemble du linéaire du futur Canal.

Retrouvez le communiqué de presse : https://www.canal-seine-nord-europe.fr/Communiques-de-presse2/CP-SCSNE-EOA-Mise-a-disposition-de-400-000-m3-de-materiaux-excaves 

Travaux TOARC : assistez à la restitution des résultats du sourcing

Le 20 octobre, la Société du Canal Seine-Nord Europe a signé, avec la Fédération Nationale des Travaux Publics, la Fédération Régionale des Travaux Publics des Hauts-de-France et le Syndicat Professionnel des Terrassiers de France, une charte de sourcing concernant les futurs appels d’offres de terrassement, ouvrages d’art et rétablissement de communications.

L’objectif du sourcing était d’une part de faire connaître aux entreprises les besoins de la SCSNE en matière de travaux des TOARCs, ses attentes et ses contraintes et d’autre part d’identifier les capacités des entreprises de travaux susceptibles d’y répondre.

Cette démarche, menée en toute transparence et dans le strict respect des règles de la commande publique, a permis d’échanger avec les professionnels du secteur sur des sujets tels que le cadencement et l’articulation des appels d’offres, l’innovation, l’approvisionnement des matériaux et matériels de chantier, la formation et l’insertion par l’activité économique. 

Le lundi 27 juin prochain entre 14h et 17h, une restitution de cette démarche sera effectuée auprès des professionnels du secteur, dans les locaux de la Chambre de Commerce et d’Industrie des Hauts-de-France, boulevard de Leeds à Lille. Elle sera retransmise en streaming afin de garantir la plus grande transparence.

-> Inscrivez-vous pour venir assister à cette restitution ou recevoir le lien de streaming : https://forms.office.com/r/MStp2HKE58

Pont-Canal de la Somme : la conception détaillée démarre !

Le Pont-Canal de la Somme est un ouvrage emblématique du Canal Seine-Nord Europe sur lequel navigueront les bateaux pour franchir la vallée de la Somme entre Cléry-sur-Somme, Biaches et Péronne. La conception détaillée de cet ouvrage commence dès maintenant, avec le lancement de la procédure de conception-réalisation (COREA).

Le Pont-Canal de la Somme, un ouvrage emblématique

Le tracé du Canal Seine-Nord Europe franchit la vallée de la Somme entre Cléry-sur-Somme, Biaches et Péronne. La préservation de cet environnement naturel d’une grande richesse écologique est un enjeu fort de la conception et de la réalisation du Canal.

Un ouvrage qui répond au fort enjeu environnemental

Le franchissement de la vallée de Somme au moyen d’un Pont-Canal réduit les aménagements à réaliser en fond de vallée (qui se limitent aux piles), préserve ainsi les zones humides et n’obère pas l’écoulement naturel de la Somme, en particulier en période de crues. Il constitue en soi une ambition environnementale très forte du projet.

L’ouvrage sera long de 1330 mètres et se situera à environ 30 mètres au-dessus du fleuve. Sa largeur sera de 45 mètres environ (34 mètres pour le plan d’eau), avec des trottoirs de 4,50 mètres de chaque côté pour permettre la traversée par les piétons et autres mobilités douces. Retrouvez l’infographie du Pont-Canal de la Somme en annexe.

Un ouvrage pensé pour s’intégrer au paysage

Le Pont-Canal enjambe la vallée secrète et préservée de la Somme, au niveau de Cléry-sur-Somme. Il sera conçu pour s’intégrer dans le grand paysage. L’intégration paysagère est une exigence forte vis-à-vis des entreprises qui assureront sa conception et sa réalisation :

  • Il enjambera les marais, étangs et zones boisées de la vallée de la Somme, entre Cléry-sur-Somme, Biaches et Péronne. Il préservera au mieux les espaces et la faune et flore de la Vallée.
  • En dépit de ses dimensions exceptionnelles, il jouera la discrétion et se fondra dans son environnement. Il offrira également des points de vue imprenables sur la vallée, depuis les chemins de services de part et d’autre accessibles au public.
Un ouvrage au service du territoire

Le Pont-Canal permettra de créer des emplois : au-delà des centaines d’emplois crées durant le chantier, par son attractivité il permettra le développement de l’offre touristique dans la Somme. La création d’une Maison du Canal et de la Nature est d’ores-et-déjà à l’étude par les collectivités locales.

Le Pont-Canal sera au service du cadre de vie et de la mobilité des riverains : les pistes piétonnes et cyclables envisagées sur les chemins de service du Pont-Canal permettront aux habitants de redécouvrir et de mieux profiter du patrimoine naturel de leur vallée.

Le choix d’un dialogue compétitif pour co-construire

Le Pont-Canal de la Somme est un ouvrage emblématique du Canal Seine-Nord Europe. Il est exceptionnel de par ses dimensions et son emplacement. La Société du Canal Seine-Nord Europe (SCSNE), dans une démarche de dialogue avec les entreprises, a choisi une procédure de dialogue compétitif pour sa conception-réalisation.

Retrouvez le marché en ligne : https://www.marches-publics.gouv.fr/app.php/entreprise/consultation/2035620?orgAcronyme=s2d

Une procédure en 3 phases

Cette procédure, qui durera jusqu’en 2024, est prévue en 3 phases :

  1. La phase de candidature : à partir de maintenant, les entreprises ont jusqu'au 27 juin pour déposer leur candidature. Puis une sélection de 4 candidats sera faite en septembre 2022.
  2. La phase d’échanges: pendant environ 15 mois, la SCSNE et les candidats retenus participeront à une première étape de dialogue qui permettra d’optimiser le programme. Puis sur la base de ces discussions, une étape d’échanges et d’ateliers durant laquelle les candidats proposeront leurs solutions se déroulera jusqu’à la fin de l’année2023. A l’issue de cette phase de dialogue, les candidats seront invités à déposer leur offre.
  3. La phase finale : la SCSNE analysera ces offres et la notification de ce marché de conception-réalisation interviendra en septembre 2024.

Le lauréat finalisera les études de conception et entamera dès 2025 la construction du Pont-Canal de la Somme, jusqu’en 2028.

Une procédure guidée par la Politique Achat de la SCSNE

Le choix d’une procédure de dialogue compétitif s’est fait en lien avec les entreprises mais il a été également guidé par la Politique Achat de la SCSNE, véritable colonne vertébrale du projet. Adoptée le 1er octobre 2020 par son Conseil de surveillance, la Politique Achat invite les entreprises candidates à devenir les partenaires de la transformation durable des territoires. Ainsi plusieurs mesures ont été prévues, parmi lesquelles :

  • Une démarche de sourçage menée en 2021 auprès des opérateurs économiques des travaux publics afin de les informer sur les besoins de la SCSNE, évaluer la capacité du marché à y répondre et recueillir ses avis pour en tirer les enseignements pour la consultation à lancer,
  • L’intégration dans le marché d’une clause imposant aux groupements d’entreprises qu’une part d’au moins 15% des prestations de conception-réalisation soient confiées à des Petites et Moyennes Entreprises. Cette exigence est aussi un critère de sélection des candidats,
  • L’intégration dans le marché d’une clause d’insertion par l’activité économique (CIAE) qui conduit les entreprises à être des acteurs de l’insertion des personnes éloignées de l’emploi, avec un engagement en termes d’heures à réaliser.