Objectifs

Le Canal Seine-Nord Europe relie le bassin de la Seine à l'Escaut.

Il crée une offre alternative compétitive face aux poids lourds, sur cet axe Nord-Sud, où les marchandises circulent presque exclusivement par la route.

Il permet de développer le débouché fluvial qui bénéficiera à tous les grands ports maritimes et fluviaux de la Seine à l'Escaut.

La réalisation du Canal Seine-Nord Europe permettra ainsi de bénéficier d'un effet "réseau", profitant directement aux bassins des Hauts-de-France et de la Seine. Il facilitera aussi les échanges entre l’Europe du Nord et les ports de Dunkerque, le Havre et Rouen.

Le Canal Seine-Nord Europe constituera ainsi un levier de développement économique important. 

Le transport fluvial, un mode de transport moderne à haute performance environnementale et économique

Les avantages du transport fluvial

Le transport fluvial se caractérise par une haute performance environnementale et son développement est un véritable enjeu dans le contexte actuel. En effet il répond aux objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre prévus par l’Accord de Paris conclu en décembre 2015 lors de la COP 21.

Ce mode de transport consomme 2 à 4 fois moins de carburant que les autres modes. C'est une réponse concrète de transition énergétique et écologique : par exemple, le transport d'un chargement de 1 500 tonnes par voie fluviale émet environ 3 fois moins de CO que par camion.

La consommation d’énergie dans le fret fluvial est d’autant plus faible que les volumes transportés sont importants.

 

1 kilo-équivalent pétrole consommé permet de transporter 1 tonne sur ….

 

Camion sur autoroute

(y compris voyage à vide)

 

50 km

 

 

Train complet

(sans indication de voyage à vide)

 

130 km

 

 

Grand Rhénan (péniche de 110 à 135m de long)

(y compris voyage à vide)

175 km

 

Barge de 185m (4400 tonnes)

(y compris voyage à vide)

 

275 km

 

Source : Voie Navigable et développement durable – Les atouts du transport fluvial – VNF – octobre 2012

Il est également moins producteur de gaz à effet de serre.

 

Pour un trajet entre Gennevilliers (proche de Paris) et Le Havre : kg de CO2 émis pour 1 000 tonnes transportées

Poids lourd 17 200 kg

Grand Rhénan (péniche de 110 à 135m de long) : 6 700 kg

Barge de 185m : 6 000kg

Source : Eco-calculateur VNF

Enfin, peu soumis aux aléas de la circulation, le transport fluvial est fiable, ponctuel et sûr (accidents rares).

 

 

Une part du transport fluvial modeste en France : la nécessité de développer le grand gabarit, pour renforcer la compétitivité du fluvial

 

La part du fret fluvial dans le transport de marchandises en France est aujourd’hui faible : en 2017, elle représentait 1,9% du fret total, contre 9,6% pour le fer et 88,5% pour la route (sources « chiffres clés du transport – édition 2019 – MTES/Commissariat général au développement durable – avril 2019).

Cette faible part s’explique par :

  • Une faible proportion de voies à grand gabarit : de l’ordre de 25% du réseau en France, contre plus de 50% dans les pays où le trafic fluvial est très développé comme aux Pays-Bas ou en Belgique.

Le grand gabarit optimise les volumes de marchandises transportés. Il est une des conditions de la compétitivité du transport fluvial.

Source : VNF – coût calculé pour un trajet de 200km – infographie tirée du rapport de la mission  du député  Rémi Pauvros (5 mai 2015)

  • L’absence de connexions entre bassins à grand gabarit : en France les bassins de la Seine, des Hauts-de-France, du Rhin et du Rhône, ne sont pas connectés entre eux à grand gabarit (plus de 1500 tonnes).
  • Ce développement du réseau à grand gabarit a aussi un effet d’entraînement sur le plus petit gabarit en assurant des trafics fluviaux autour de ce réseau structurant à grand gabarit.

Cette faible part d'utilisation du mode fluvial n'est pas une fatalité : entre 1999 et 2015, la part modale du fluvial est passée de 10,9% à 21% en Belgique. Pour se rapprocher de ces niveaux de performance, il est donc nécessaire de développer l’interconnexion de réseaux à grand gabarit pour développer la part du fluvial, un transport inscrit dans la transition énergétique.

Bénéficier d’un effet réseau, c’est l’un des intérêts majeurs du projet de Canal Seine-Nord Europe.

Le Canal Seine-Nord Europe, maillon manquant vers le réseau fluvial européen à grand gabarit

Le Canal Seine-Nord Europe lève un maillon manquant du réseau fluvial à grand gabarit européen

 

Le Canal Seine-Nord Europe est le maillon manquant de la liaison fluviale à grand gabarit Seine-Escaut, liaison qui comprend une partie des réseaux fluviaux wallon, flamand et la partie Nord du réseau français, du Havre à Dunkerque. Il complétera les importants travaux de mise à grand gabarit qui auront été réalisés sur cette liaison d’ici 2030. Le canal lèvera un goulet d’étranglement entre la vallée de l’Oise et le canal de Dunkerque à Valenciennes, desserte assurée actuellement par le canal du Nord. Celui-ci, à petit gabarit (bateaux limités à 700 tonnes) et comprenant une vingtaine d’écluses, est un frein au développement massif du transport fluvial.

La réalisation du Canal Seine-Nord Europe permettra ainsi de bénéficier d’un effet « réseau ». Profitant directement aux bassins des Hauts-de-France et de la Seine, il facilitera aussi le transport des marchandises vers la Belgique puis les Pays-Bas et l’Allemagne. Ainsi, le bassin de la Seine sera relié aux 20 000 km de réseau fluvial européen à grand gabarit. Le canal fluidifiera la circulation des marchandises et il facilitera ainsi les échanges entre l’Europe du Nord et les ports de Dunkerque, Le Havre et Rouen.

 Quelques années après la mise en service du canal, la massification des flux de marchandises engendrera le report modal de marchandises de la route vers la voie d’eau devenue plus compétitive sur ces trajets. Elle donnera un avantage de compétitivité aux entreprises autour du canal. Les chiffres clés issus des études de prévisions de trafic sont les suivantes :

  • Trafic attendu sur le Canal SNE : 15 millions de tonnes/an environ 10 ans après la mise en service du canal,
  • 3 à 4 fois plus de trafic fluvial sur l’axe Nord-Sud du canal,
  • Trafic fluvial supplémentaire sur le périmètre d’effet du Canal SNE (liaison Seine-Escaut) : 6 à 7 milliards de tonnes-kilomètres (Tkm), soit +40% par rapport à une situation sans projet,
  •  Les 2/3 du trafic (~4,5 milliards Tkm) sont issus du report des marchandises de la route vers le fluvial, ce qui représente :
    • Globalement 760 000 camions/an sur le périmètre d’effet du CSNE (liaison Seine-Escaut)
    • Dont 500 000 camions / an en France (équivalent à ~10% du trafic de l’A1) répartis pour 3/4 sur l’axe Nord-Sud (Hauts-de-France – Ile-de-France) et 1/4 sur l’axe Seine Est-Ouest (Ile-de-France – Normandie).

Cet effet réseau a été reconnu par l’Europe qui apporte son soutien au projet à hauteur de 50% du financement des études et 40% du financement des travaux sur l'ensemble du réseau Seine-Escaut. Le soutien européen a été renforcé, le 27 juin 2019, par l’adoption de la décision d’exécution (« Implementing Act) Seine-Escaut qui fixe également le calendrier de réalisation des différents aménagements en France et en Belgique.

Le Canal Seine-Nord Europe, un outil de développement économique pour la France

Le grand gabarit renforce la compétitivité et l’attractivité du mode fluvial en « massifiant » le transport de marchandises

Un bateau de gabarit « grand rhénan », couramment utilisé sur les voies d’eau de l’envergure du Canal Seine-Nord Europe, peut transporter jusqu’à 3 000 tonnes de marchandises, soit l’équivalent de 150 camions ou 75 wagons.  Un convoi poussé peut transporter jusqu’à à 4 400 tonnes, soit l’équivalent de 220 camions. Le mode fluvial permet donc d’abaisser les coûts de transport. Il sera donc un facteur de compétitivité pour les entreprises et d’attractivité pour les territoires pour de nouvelles implantations économiques.

 

Le Canal Seine-Nord Europe sera ainsi un  puissant levier de développement économique  pour la France.

Le projet de Canal Seine-Nord Europe permet de lever un goulet d’étranglement qui empêche de relier à grand gabarit le bassin de la Seine, qui s’étend de la région parisienne jusqu’aux ports de Rouen et du Havre, au réseau du Nord de l’Europe, y compris la région lilloise et le port maritime de Dunkerque. Tous les ports fluviaux et les entreprises des Hauts-de-France, du bassin parisien et du Nord de l’Europe seront reliés au même réseau fluvial à grand gabarit et profiteront de la baisse des coûts de transport. Cela améliorera leur capacité d’export et profitera aux ports maritimes.

Le Canal Seine-Nord Europe renforce les ports intérieurs existants et à venir en offrant un accès au réseau européen à grand gabarit.

Télécharger la carte en haute définition ci-dessous

Le renforcement et le développement des filières économiques

La compétitivité de plusieurs filières économiques sera améliorée par la baisse des coûts du transport qui représentent parfois une condition essentielle de leur rentabilité.

  • Pour le secteur agricole et agro-industriel, la massification des flux de transport sera génératrice d’économies d’échelle importantes ;
  • Dans le domaine de la construction, dans lequel la part du transport représente parfois plus de 60 % du prix global, cette réduction des coûts de transport sera l’occasion d’accéder dans de bonnes conditions économiques aux ressources plus lointaines. En phase chantier du canal, l’utilisation de la voie d’eau pour l’approvisionnement en matériaux de construction sera privilégiée. Les installations portuaires (quais en particulier) réalisées à l’occasion du chantier qui seront pérennisées le long du canal pourront servir les marchés de construction du Grand Bassin Parisien, du Nord de la France et du Benelux ;
  • Le canal permettra le développement de l’économie circulaire, filière émergente et en cours de structuration permettant le recyclage et la valorisation des déchets de toutes natures. Grâce à l’importance des volumes transportés et à l’optimisation des flux amont-aval (transport de déchets/matières premières secondaires), cette filière est particulièrement adaptée au transport fluvial. L’utilisation du transport des déchets par voie fluviale sera mise en place dès la phase chantier en utilisant le canal du Nord et le canal latéral à l’Oise ;
  • Pour les autres filières à potentiel de développement autour de la voie d’eau : automobiles, pétrole/chimie/engrais, mécanique/engins lourds, sidérurgie/métallurgie, grande distribution et industries alimentaires, l’approvisionnement en combustibles et l’utilisation de conteneurs en phase chantier permettra de préfigurer de nouvelles chaînes logistiques pour préparer l’ouverture du Canal Seine-Nord Europe ;
  • Le secteur touristique bénéficiera également du canal. La dimension de l’infrastructure qui comprend plusieurs ouvrages notables sera de nature à générer de l’activité touristique. Le tourisme fluvial (croisières et navigation privée) et fluvestre (autour de la voie d’eau) pourra générer des retombées significatives et profiter également aux autres sites touristiques de la région.
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TitreDate
PDF Ports-Amst-Mars-SER-Carte-2030-v3 18/02/2020
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